Dans les coulisses d’Orfùve

Les questions les plus Ă©tranges (et passionnantes) qu’on nous a posĂ©es

Chez OrfÚve, nous passons nos journées à parler de cacao, de fermentation, de torréfaction, de profils aromatiques
 Mais parfois, certaines questions nous surprennent. Par leur étrangeté, leur poésie ou leur sincérité. Et souvent, ce sont les plus belles.

« Est-ce que vous dormez dans votre manufacture ? »

Non. Mais notre manufacture a dormi chez nous Ă  nos dĂ©buts, lorsqu’elle se trouvait dans le garage de notre maison.

« Votre chocolat est-il bon pour les chiens ? »

HĂ©las non. MĂȘme le plus pur des chocolats bean-to-bar contient de la thĂ©obromine, toxique pour nos amis Ă  quatre pattes. Gardez vos tablettes pour vous et offrez une caresse Ă  votre chien de notre part.

« Pourquoi vous ne faites pas de chocolat à la truffe au sel fumé ? »

C’est une vraie question qu’on nous a posĂ©e. Et on y a longuement rĂ©flĂ©chi. La rĂ©ponse ?

Le problĂšme, c’est que la (vraie) truffe a une puissance aromatique trĂšs fugace. Pour obtenir un goĂ»t perceptible, il faudrait en intĂ©grer une quantitĂ© dĂ©raisonnable. La plupart des produits Ă  la truffe sont en rĂ©alitĂ© aromatisĂ©s, avec des composĂ©s de synthĂšse qui n’ont rien Ă  voir avec le champignon lui-mĂȘme.

Or chez OrfĂšve, nous refusons les arĂŽmes ajoutĂ©s, mĂȘme naturels. Si un ingrĂ©dient n’exprime pas pleinement son identitĂ© en quantitĂ©s raisonnables, il ne trouve pas sa place dans nos recettes.

« Est-ce qu’on peut faire vieillir votre chocolat comme un vin ? »

Techniquement, oui
 mais avec prĂ©cautions. Un chocolat bien conservĂ© peut Ă©voluer, se fondre, gagner en complexitĂ©. Mais ce n’est pas toujours prĂ©visible. Et il faut beaucoup de rigueur pour Ă©viter les inconvĂ©nients liĂ©s au stockage du chocolat.

« Vous ĂȘtes fĂąchĂ©s avec le lait ? »

Pas du tout. Mais notre ligne de production ne reçoit que du cacao et du sucre, pour garantir une absence totale d’allergĂšnes. C’est un choix structurel, pour permettre Ă  toutes les personnes allergiques de dĂ©guster nos chocolats en toute sĂ©curitĂ©.

Cela dit, « jamais » n’est pas un mot que nous aimons beaucoup. Nous rĂ©flĂ©chissons Ă  d’autres formes de douceur, toujours avec la mĂȘme exigence de puretĂ©.

Si un jour nous créons un chocolat au lait, ce sera à notre maniÚre, avec clarté, intégrité, et un respect absolu de la matiÚre et des personnes qui nous font confiance.

Nous dédierons alors une ligne de production distincte, pour que chacun puisse continuer de savourer nos chocolats en toute sérénité.

« Est-ce que votre chocolat est spirituel ? »

Si vous entendez par lĂ  qu’il est chargĂ© de sens, d’engagement, de prĂ©cision, alors peut-ĂȘtre bien. Mais chez nous, la spiritualitĂ© passe d’abord par le goĂ»t. Par ce moment suspendu oĂč tout s’aligne : texture, arĂŽme, lumiĂšre, attention.

« Pourquoi le chocolat blanc n’est pas brun ? »

Parce qu’il n’a pas tout ce qu’il faut pour l’ĂȘtre !

Le chocolat, à la base, vient d’une fùve de cacao. Quand on la broie, on obtient deux choses :

– une poudre foncĂ©e pleine de goĂ»t (le cacao sec),

– et un beurre clair et tout doux (le beurre de cacao).

Le chocolat blanc, lui, est fait uniquement avec le beurre de cacao.

Il n’a donc pas cette poudre foncĂ©e qui donne la couleur brune
 ni le goĂ»t intense du cacao.

C’est un peu comme si on faisait une tarte aux pommes avec juste le jus, mais sans les pommes : ce serait bon, doux, mais pas pareil.

« Pourquoi vous ne faites pas une tablette géante pour les anniversaires ? »

Une tablette géante ? Ce serait impressionnant, oui. Mais aussi plus difficile à tempérer, à démouler, à conserver, à partager


Cela dit
 on ne dit jamais jamais. Peut-ĂȘtre qu’un jour, une Ă©dition spĂ©ciale verra le jour. Mais mĂȘme lĂ , elle sera fidĂšle Ă  notre ligne : fine, Ă©lĂ©gante, et profondĂ©ment chocolat.

« Est-ce que vous avez dĂ©jĂ  essayĂ© de faire du chocolat
 sans chocolat ? »

C’est une vraie question. Et si on entend par lĂ  « un carrĂ© sucrĂ© qui aurait la forme du chocolat mais pas l’ñme du cacao », alors non, jamais.

Chez OrfĂšve, tout commence par la fĂšve. C’est elle qui donne la matiĂšre, le goĂ»t, la complexitĂ©. Sans elle, ce n’est pas du chocolat. Peut-ĂȘtre un bonbon, une pĂąte sucrĂ©e, un ersatz
 mais pas ce que nous dĂ©fendons.

« Vous pourriez faire une tablette pour les personnes qui n’aiment pas le chocolat ? »

C’est une question qui nous a fait sourire, elle nous a Ă©tĂ© posĂ©e durant une dĂ©gustation « publique » chez un partenaire. Mais surtout, elle nous a fait rĂ©flĂ©chir.

Parce que ne pas aimer le chocolat, c’est souvent ne pas avoir rencontrĂ© le bon chocolat.

Celui qui ne surdose pas le sucre. Celui qui ne masque pas ses défauts sous les arÎmes. Celui qui respecte la fÚve, sa finesse, sa complexité.

Chez OrfÚve, nous faisons tout pour que le chocolat se révÚle autrement. Plus pur, plus juste, plus nuancé.

Mais pour répondre franchement : non, nous ne prévoyons pas de tablette sans chocolat.

Parce que notre mission, c’est de rĂ©concilier chacun avec ce qu’est vraiment le cacao.