Un peu d’histoire
Lorsque les conquistadors espagnols arrivèrent au cœur du Mexique au début du XVIe siècle, ils découvrirent un peuple structuré, raffiné, et un breuvage amer servi dans des coupes précieuses : le cacao.
Chez les Aztèques, le cacao n’était pas une gourmandise, mais un bien stratégique, un marqueur social et un vecteur spirituel. Il incarnait le lien entre la guerre, la richesse et les dieux.

Le cacao comme monnaie impériale
Dans l’empire aztèque, les fèves de cacao avaient cours comme monnaie officielle. Elles servaient à payer les impôts, acheter des biens ou rémunérer les soldats.
Certains documents coloniaux mentionnent des « prix » en fèves : 80 fèves pour un lapin, 100 pour un esclave. Ce cacao n’était pas cultivé en haute altitude, où se trouvait Tenochtitlán, mais venait des régions tropicales du sud, intégrées à l’empire par la guerre ou la diplomatie.
Une boisson pour les élites
Le cacao se consommait principalement sous forme de boisson : froide, dense, amère, souvent battue à la main pour créer une mousse. Elle était réservée aux guerriers de haut rang, aux nobles et à l’empereur lui-même. Le peuple n’y avait pas accès.
La boisson pouvait être aromatisée avec du piment, de la fleur de magnolia, de la vanille ou de l’achiote. Elle était stimulante, nourrissante, parfois même considérée comme un fortifiant avant la bataille.
Une offrande rituelle
Le cacao faisait également partie des offrandes sacrées faites aux dieux. On l’incluait dans les rites funéraires, les fêtes religieuses et les cérémonies de passage. Il symbolisait le sang, l’énergie, la puissance.
Certaines fresques montrent des scènes de sacrifice humain accompagnées de bols de cacao : une association entre force vitale, transgression et régénération.
L’approche Orfève
Chez Orfève, nous travaillons le cacao avec une conscience claire de son histoire.
Chez les Aztèques, il était à la fois arme économique, élixir sacré et symbole impérial.
Ce passé nous rappelle que le chocolat ne vient pas d’une industrie, il vient d’un pouvoir ancien, d’un territoire, d’un rituel.
C’est ce respect-là que nous poursuivons : avec précision, transparence, et une attention à ce que chaque fève raconte.