Un peu d’histoire

Cacao et colonisation : une histoire complexe

Derrière la douceur d’une tablette se cache souvent une histoire plus amère.
Le développement du cacao à l’échelle mondiale est intimement lié aux grandes heures, et aux grandes ombres, de la colonisation. Une réalité historique que le monde du chocolat commence à peine à regarder en face.

Une plante précolombienne devenue ressource coloniale

Avant l’arrivée des Européens, le cacao était une plante rituelle et sociale, au cœur des civilisations mésoaméricaines. Chez les Mayas et les Aztèques, il servait à la fois de boisson sacrée, de monnaie et d’offrande.

Mais dès le XVIe siècle, avec la conquête espagnole, le cacao change de statut. Il passe du monde sacré à celui de la marchandise.

D’abord cultivé dans les colonies d’Amérique centrale et du Sud, il sera ensuite introduit dans d’autres territoires tropicaux pour répondre à la demande croissante des marchés européens.

Une expansion fondée sur l’esclavage

Du XVIIe au XIXe siècle, la culture du cacao est indissociable de la traite transatlantique. En Afrique de l’Ouest, dans les Caraïbes et en Amérique du Sud, les plantations de cacao reposent sur le travail forcé des esclaves africains déportés.

Même après l’abolition officielle de l’esclavage, les formes d’exploitation continuent :

– salaires dérisoires,

– travail des enfants,

– dépendance économique extrême.

Cette violence structurelle s’est inscrite dans la chaîne de valeur du cacao… jusqu’à aujourd’hui.

Héritages encore visibles

Le cacao reste aujourd’hui une matière première peu rémunératrice, cultivée par des millions de petits producteurs, majoritairement en Afrique de l’Ouest, et dans des conditions trop souvent précaires.

Les grands groupes chocolatiers, héritiers indirects de cette histoire, dominent encore un marché où très peu de valeur revient aux cultivateurs.

Le lien entre histoire coloniale et déséquilibres contemporains n’est donc pas un souvenir lointain, mais une continuité qui interroge.

L’approche Orfève

Chez Orfève, nous ne prétendons pas réécrire l’histoire et nous refusons d’en effacer les traces.

Nous travaillons avec des coopératives et des planteurs engagés, sur des filières tracées, à des prix largement supérieurs aux cours mondiaux.

Non par vertu, mais parce que c’est important pour la préservation de la nature et, par-dessus tout, le respect de l’Homme.

Derrière chaque tablette, il y a un choix : celui d’une autre histoire.

Moins silencieuse. Plus consciente. Et résolument durable.