Un peu d’histoire
Aujourd’hui accessible à tous, le chocolat fut pendant longtemps un produit d’exception, réservé aux élites, aux cours royales et à une aristocratie cultivée. Avant de devenir une gourmandise populaire, le cacao était un symbole de distinction sociale, à la fois précieux, rare, et porteur d’une forte charge symbolique.

Du Mexique précolombien à la cour d’Espagne
Bien avant d’atteindre l’Europe, le cacao occupait une place centrale dans les civilisations mésoaméricaines, notamment chez les Mayas et les Aztèques. Consommé sous forme de boisson amère, souvent épicée, il était réservé aux nobles, prêtres, guerriers et à l’empereur lui-même. Le cacao n’était pas qu’un aliment : c’était une monnaie, une offrande rituelle, un signe de pouvoir.
Lors de la conquête espagnole, les colons découvrirent cet usage sacré du cacao et en rapportèrent les fèves à la cour d’Espagne au début du XVIe siècle. Rapidement adopté par la noblesse ibérique, le cacao fut adouci avec du sucre, parfois parfumé à la vanille ou à la cannelle, donnant naissance à la boisson chocolatée aristocratique qui allait conquérir l’Europe.
Un marqueur de prestige dans les cours européennes
Au XVIIe et XVIIIe siècles, le chocolat devint un produit de luxe par excellence. Servi dans des tasses en porcelaine, dans les salons de la haute société ou à la cour de Louis XIV, il était considéré comme un aliment raffiné, énergisant, presque médicinal. On lui prêtait des vertus aphrodisiaques, digestives, et même moralisantes.
Le chocolat était également associé à l’exotisme et à la nouveauté. Comme le thé ou le café, il symbolisait la richesse coloniale, la culture mondaine, le raffinement intellectuel. L’art de servir le chocolat participait pleinement aux codes de représentation des élites. Ce rituel, objet de soin et de mise en scène, est détaillé dans notre article dédié au chocolat chaud à travers les siècles.
De privilège royal à denrée coloniale
Mais cette fascination aristocratique repose aussi sur un paradoxe historique : plus le cacao devient prisé en Europe, plus sa production repose sur un système esclavagiste dans les colonies d’Afrique, d’Amérique du Sud et des Caraïbes. Ce glissement du chocolat aristocratique vers un produit de masse ne s’est pas fait sans violence ni domination.
C’est seulement au XIXe siècle, avec l’essor industriel et la démocratisation du sucre, que le chocolat commence à devenir accessible aux classes moyennes, perdant sa connotation élitiste, mais conservant une image de plaisir raffiné.
L’approche Orfève
Chez Orfève, nous refusons la logique qui a transformé le cacao d’un symbole culturel en ressource exploitée.
Nous choisissons de renouer avec la noblesse originelle du chocolat : non pas par l’ostentation, mais par le respect du terroir, du geste, du goût et de ceux qui cultivent la matière.
Chaque tablette incarne une forme moderne d’aristocratie artisanale, fondée non sur la domination, mais sur la justesse, sur le respect de l’Homme et sur le respect de la Nature.