Un peu d’histoire

Le cacao dans l’histoire suisse : au-delà des marques industrielles?

Quand on pense à la Suisse et au chocolat, ce sont d’abord les grandes marques industrielles qui viennent à l’esprit. Nestlé, Lindt, Toblerone… autant de noms associés à une certaine image du chocolat suisse : doux, au lait, standardisé, mondialement diffusé. Mais l’histoire du cacao en Suisse ne se résume pas à cette épopée industrielle. Elle est aussi faite d’artisanat, de savoir-faire discrets, de filières alternatives et d’engagements durables.

L’âge d’or industriel : de la tablette au mythe

C’est à la fin du XIXe siècle que la Suisse s’impose sur la scène chocolatière mondiale. Grâce à l’invention du chocolat au lait (Daniel Peter, 1875) et au développement du conchage (Rodolphe Lindt, 1879), le pays devient le symbole d’un chocolat lisse, doux, fondant, parfaitement calibré pour séduire les marchés européens et américains.

Les grandes entreprises suisses investissent massivement dans la production, l’image et l’exportation. Elles construisent une identité nationale autour du chocolat, perçu comme un produit patrimonial, sûr, de qualité. Mais derrière cette success story, une autre réalité se profile : celle d’une filière déconnectée des origines du cacao, fondée sur des assemblages anonymes et une logique de volumes.

L’ombre portée de la standardisation

Pendant des décennies, la Suisse a rayonné par son efficacité industrielle, mais au prix d’un effacement progressif du goût originel du cacao. Les fèves utilisées provenaient le plus souvent de marchés internationaux, sans traçabilité, achetées au plus bas prix possible. Le modèle s’est centré sur la régularité, la douceur, la texture, et non sur l’expression aromatique ou l’identité des terroirs.

Ce modèle a aussi contribué à masquer les enjeux humains de la production de cacao : travail précaire, rémunérations faibles, dépendance des planteurs à une filière mondialisée.

Le renouveau artisanal : une Suisse qui écoute le cacao

Depuis les années 2010, un mouvement inverse s’amorce. Des artisans chocolatiers suisses, majoritairement issus d’autres métiers, choisissent de revenir à la matière première : la fève. Ils privilégient une approche bean-to-bar, sourcent directement leurs cacaos, travaillent sur la fermentation, la torréfaction, les profils aromatiques.

Cette nouvelle génération ne cherche pas à concurrencer les géants, mais à redonner au chocolat une voix propre, un goût distinct, une histoire traçable. Leur objectif : faire de la Suisse non plus seulement une patrie du chocolat au lait, mais une terre de cacaos d’origine, transformés avec exigence.

L’approche Orfève

Chez Orfève, nous ne cherchons pas à incarner le chocolat suisse tel qu’il est connu, mais à en proposer une lecture différente.

Notre démarche s’inscrit à rebours de la logique industrielle : pas de standardisation, pas de recettes figées, pas de promesse de douceur universelle.

Nous défendons une autre Suisse du chocolat : plus discrète, plus exigeante, plus fidèle à la matière première. Une Suisse qui valorise les fèves, les terroirs, les gestes de transformation, plutôt que les volumes ou l’image.

Nous ne fabriquons pas un chocolat suisse « comme avant ». Nous œuvrons pour un cacao suisse « comme il pourrait être » : traçable, expressif, respectueux du goût comme des hommes.