Un peu d’histoire
Avant de se présenter en tablette, le chocolat fut longtemps une boisson sacrée, sociale, politique. Des temples mésoaméricains aux cours européennes, le cacao se consommait d’abord chaud, infusé, parfois épicé. À travers les siècles, ce rituel du chocolat chaud a évolué, en goût comme en fonction, mais toujours en conservant un caractère distinctif et symbolique.

Chez les Mayas et les Aztèques : une boisson divine
Dans les civilisations précolombiennes, le cacao se consommait sous forme de boisson amère, mousseuse, non sucrée. Préparé à partir de fèves broyées, d’eau et de piment, il était réservé aux élites religieuses, militaires et royales. Chez les Mayas comme chez les Aztèques, le cacao était à la fois source d’énergie, médium rituel et marqueur social. Il était versé d’un récipient à un autre pour créer une mousse considérée comme précieuse.
Ce chocolat chaud n’avait rien de sucré : il était intense, souvent agrémenté de maïs, de fleurs ou d’épices locales. Il accompagnait les cérémonies, les naissances, les alliances, les sacrifices. Une boisson codifiée, chargée de signification.
À la cour d’Espagne : sucre, cannelle et pouvoir
Avec la conquête du Mexique, les Espagnols découvrent le cacao et le ramènent à la cour d’Espagne au début du XVIe siècle. Très vite, ils modifient la recette : le piment est remplacé par du sucre de canne, la vanille et la cannelle font leur apparition, et le tout est chauffé avec du lait ou de l’eau pour créer une boisson onctueuse et raffinée.
Le chocolat chaud devient un privilège aristocratique, servi au petit matin dans des tasses de porcelaine ou d’argent. À la cour de Versailles, il est bu par la reine et ses favorites ; à Madrid, il accompagne les déjeuners politiques. On lui prête des vertus digestives, aphrodisiaques, énergisantes… et diplomatiques.
Un art de vivre aristocratique
Au XVIIIe siècle, le chocolat chaud est plus qu’une boisson : c’est un rituel codé, un signe de distinction. Les chocolatières, ces élégantes théières adaptées au cacao, deviennent des objets d’apparat. Le service du chocolat se fait selon des règles précises. C’est aussi un marqueur d’ouverture au monde, de raffinement, de culture coloniale. Thé, café et chocolat constituent alors le triptyque de la sociabilité éclairée.
Et aujourd’hui ?
Le chocolat chaud a survécu à la démocratisation du chocolat solide. S’il s’est simplifié dans ses versions industrielles, il retrouve aujourd’hui, chez certains artisans, une place d’honneur : préparé à partir de chocolat noir fondu, de lait végétal ou non, parfois parfumé aux épices ou aux agrumes, il revient comme une boisson de dégustation lente, ancrée dans la tradition… mais résolument contemporaine.
L’approche Orfève
Chez Orfève, le chocolat à boire est élaboré à partir de notre propre cacao dégraissé, obtenu par pressage dans notre atelier.
Aucun arôme, aucune poudre industrielle, aucun additif : uniquement des fèves sélectionnées, fermentées, torréfiées et transformées intégralement sur place.
Ce format boisson prolonge notre exigence habituelle : respecter l’origine, maîtriser chaque étape de transformation, et proposer une expression fidèle du cacao, même hors de la tablette.